Du 3 juillet au 6 novembre 2022, la Fondation Cartier pour l’art contemporain présente la première exposition personnelle de l’artiste aborigène Mirdidingkingathi Juwarnda Sally Gabori hors de l’Australie. Voici ce qu’en dit la Fondation : Considérée comme l’une des plus grandes artistes contemporaines australiennes de ces deux dernières décennies, Sally Gabori commence à peindre en 2005, vers l’âge de 80 ans, et atteint rapidement une renommée artistique nationale et internationale. En quelques années, d'une rare intensité créatrice, jusqu’à sa disparition en 2015, elle élabore une œuvre unique aux couleurs vibrantes sans attache apparente avec d’autres courants esthétiques, notamment au sein de la peinture aborigène contemporaine. Réunissant une trentaine de peintures monumentales, l’exposition est réalisée en étroite collaboration avec la famille de l’artiste et la communauté kaiadilt, ainsi qu’avec les plus grands spécialistes de l’art et de la culture kaiadilt. Ils seront présents à Paris à l’occasion de son inauguration pour rendre hommage à cette artiste dont l’œuvre fascine par son caractère spontané, lumineux et profondément original.
Le Testra Award 2022, un prix très prestigieux, réservé aux artistes aborigènes vient d'être révélé : Une fois n’est pas coutume, si j’avais été membre du jury, les artistes récompensés n’auraient certainement pas été les mêmes. Mais, le jury étant différent chaque année, cela permet aussi un autre regard et de voir des artistes d’horizons divers mis ainsi en lumière. Rappelons que ce prix est le plus prestigieux qui soit pour les artistes aborigènes. Margaret Rarru Garrawurra, remporte le fameux prix cette année avec une pièce en fibre de pandamus de près de 3 mètres de longueur, formant comme une voile. Margaret est une doyenne de Terre d’Arnhem Centrale. L’originalité semblait payer mais la pièce nous impressionne peu. Mieux justifié, de notre point de vue, le prix de la meilleure peinture revient à une artiste de près de 80 ans : Betty Muffler. Elle est issue des zones isolées où les Anglais ont fait leurs essais atomiques. Betty est respectée autant pour ses connaissances de guérisseuse que pour sa peinture, fruit d’un travail très personnel, marquée par de nombreux détails mais dont l’aspect est tempéré par une grande économie dans l’emploi des couleurs. La grande majorité des ses œuvres sont peintes en blanc sur un fond noir, ou l’inverse. La composition ayant touché le jury puise son inspiration dans sa pratique de guérisseuse. «Mes peintures concernent les Ngangkari (guérisseurs et ce qui s’y rapporte) et les sites liés à la guérison. Les ngangkari sont des guérisseurs traditionnels. J'ai peint des trous de roche et l'eau qui coule dans le paysage, tout comme l'énergie qui traverse les gens et les lieux - c'est invisible pour la plupart des gens, mais Ngangkari peut voir des esprits et ressentir beaucoup d'énergie différente. » : On peut donc saisir ici ce qui fonde la puissance de ses peintures : un aspect moderne, poétique mais aussi une richesse, une profondeur, une puissance visuelle qui repose sur la puissance et l’histoire des sites décrits. Le prix de la meilleure peinture sur écorce revenait à Ms D Yunupingu. Malheureusement l’artiste nous a quittée cette année ; elle était née en 1944 et était originaire de la Terre d’Arnhem Orientale. Sa peinture, une écorce de plus de 2m de long, était emprunte d’une grande poésie. Elle mettait en scène une roche près d’un plan d’eau et les Esprits qui y sont associés, des sortes de sirènes (généralement nommés Esprits Yawkyawk). Les Sirénes étaient peinte dans un style un peu naïf, figuratif , qui contraste avec le fond, assez abstrait, couvert de motifs en forme d’étoiles, le tout dans une dominante de rose, de blanc et de beige. Une autre écorce, plutôt grande, aurait pu être saluait, de Dhambit Munungurr, sur un fond bleu … Pour le prix de l’œuvre sur papier, le jury optait pour une travail d’impression numérique rehaussé au crayon et au pastel de Gary Lee, également un artiste du nord de l’Australie. Pour l’œuvre tri dimensionnel, deux artistes étaient récompensées, Bonnie Burangarra et Freda Ali Wayartja pour une nasse en fibre. Quand on jette un œil à l’ensemble de la sélection, mon choix aurait d’avantage penché, par exemple, vers les deux magnifiques poteaux peints, en fait deux troncs aux très belles formes, peints comme des poteaux funéraires. Pour ce qui est de l’oeuvre multimédia, c’est une vidéo d’un artiste du Queensland, Jimmy John Thaiday qui l’emportait. Le dernier prix, celui de l’artiste émergent, revenait à Louise Malarvie, de Kununurra, dans le Kimberley. Pour notre part, cette sélection déçoit. Ceci dit, si certaines zones du centre de l’Australie, sont de moins en moins présentes, cela est assez logique quand on constate le manque de renouveau dans de nombreux centres d’art. Nous verrons ce que l’avenir nous réserve.
Nouvelle vente d'art aborigène chez Millon le 16 octobre 2021.
Nous organisons une exposition en collaboration avec le château du Rouet (83490 Le Muy), une belle exposition du 1er juillet au 15 août 2021. C'est ouvert tous les jours ! de 14h à 19h. Vous pourrez y voir quelques uns des grands noms de ce mouvement comme Ronnie Tjampitjinpa, Tommy Watson, Ningura Napurrula, Abie Loy Kemarre, Kathleen Petyarre,...