Jorna Newberry

Jorna Newberry (c. 1959 - ) Jorna Newberry est née vers 1959 à Angus Downs. Elle partage actuellement son temps entre Alice Springs, où vit sa famille, et Warakurna. Elle commence à peindre au milieu des années 1990 en s’inspirant du pays d’Irrunytju et des histoires qui y sont associées. Nièce du fameux artiste Tommy Watson, Jorna dit elle-même qu’elle a été influencée par lui. Non pas dans les technique, beaucoup plus méticuleuses et variées que chez son oncle, mais plus surement par l’audace, par la volonté de trouver un style personnel, éloigné des motifs traditionnels purs ; ce qui permet également de ne pas dévoiler les motifs sacrés. Le succès de Jorna est assez important en Australie.

Joseph Jura Tjapaltjarri

Joseph Jura Tjapaltjarri Joseph est l’un des hommes de loi respectés du groupe Pintupi. Au début des années 1960 sa famille se déplace encore de façon nomade dans le Désert Occidental sans contact avec l’homme blanc. Leur mode de vie bascule suite à la rencontre avec une patrouille de Jeremy Long qui les encourage à rejoindre Papunya. Suite au décès de son père en 1966 il est élevé par Yumpululu et Willy Tjungurrayi qui deviendront eux aussi des peintres de renom. Joseph commence à peindre en 1986 et connaît rapidement le succès avec une exposition personnelle dès 1988 dans une galerie prestigieuse, chez Gabrielle Pizzi. Ses connaissances tribales et son implication dans le mouvement pictural (il devient en 1999 le président de la célèbre coopéra- tive Papunya Tula) font que les anciens le choisissent pour réa- liser des peintures sur le sol lors des expositions à paris (1997, la Villette, « Peintres Aborigènes d’Australie » puis en 2009 à New York au Musée Herbert F Johnson pour l’exposition « Icons of the Desert »). Ses toiles les plus célèbres représentent une cordelette d’écorce qui prend la forme d’un labyrinthe constitué de lignes sinueuses. Collections : Art Gallery of Western Australia, AIC, Holmes a Court, SCNT

Joseph Zimran Tjangala

Joseph est le deuxième fils de Molly Napaltjarri Jugadai et le petit-fils de Narputta Nangala Jugadai, deux artistes importants de la communauté d’Haasts Bluff. Son défunt père, Smithy Zimran Tjampitjinpa était le frère de Ronnie Tjampitjinpa, un des créateurs du mouvement artistique. Smithy a joué un rôle clé à l'époque où Papunya Tula Artists a organisé la création d'une unité de dialyse à Kintore afin que les gens puissent rester dans la communauté plutôt que de déménager à Alice Springs, loin du pays. Joseph peint les histoires associées aux cycles Tingari et au Rêve du Feu de Brousse. Il est également le claviériste du groupe local Sunshine Reggae Band. Né en 1981, il commence à peindre au début de l'année 2008.

JOSEPHINE NANGALA

Josephine Nangala Groupe Pintupi –– Kiwirrkurra - Désert Occidental Josephine est née vers 1950. Elle est née dans une zone très isolée du désert mais ses grands-parents ont décidé de rejoindre la communauté de Balgo où une mission est installée. Josephine assiste à l’époque à des cours donnés par les gens de la mission. Puis sa famille retourne dans le bush où Josephine grandit. Elle se souvient de la première fois qu’elle aperçoit des hommes blancs. Il s’agit de gardiens de troupeau qui leur donnent de la viande. Plus âgée, ses parents la ramènent à Balgo où elle poursuit son éducation auprès des nonnes. Mariée à Cahrlie Wallabi Tjungurrayi avec qui elle s’installe à Kiwirrkurra mais conserve de la famille à Balgo. Elle commence à peindre dans le milieu des années 1990. Elle a dansé pour la soirée d’ouverture des Jeux Olympiques de Sydney en 2000. Cette toile décrit les motifs du site de Marrapinti maintes fois peints par les femmes pintupi. Collections : Art Gallery of New South Wales The Kelton Foundation

Josephine Napurrula

Josephine Napurrula (Tjupantari) Josephine est née vers 1948, dans le bush. Son père est blessé par un coup de lance lors d’une rixe et doit être hospitalisé (il sera amputé) à Alice Springs. Sa famille s’installe à Papunya à cette époque. Elle est marié à Riley Major Tjangala et ensemble rejoindront la communauté de Kintore lors de sa création en 1981. Lors de visites à la famille de son mari à Haasts Bluff, il lui arrive de peindre. Mais elle débute vraiment sa carrière en 1998. En 2001 elle a le droit à sa première exposition personnelle. Coll : AGNSW, MAGNT, NGA,…

JOSIE KUNOTH PETYARRE

Josie Kunoth Petyarre (c. 1959 - ) Groupe Alyawarre / Anmatyarre – Utopia Josie Kunoth Petyarre est née vers 1959 à Alhakere sur les terres d'Utopia. Son père est Alex Ngwarai et sa mère est Polly Ngale, une artiste bien connue et respectée d'Utopia et ses tantes sont également très célèbres (Kathleen et Angelina). En 1989, Josie est impliquée dans le projet communautaire plus tard intitulé "Utopia: A Picture Story", qui a introduit les femmes d'Utopia à la technique du batik. Les femmes concevraient des batiks de soie racontant des histoires traditionnelles, des scènes de leur vie et des épisodes du Temps du Rêve. L'année suivante, un autre projet communautaire intitulé «Un projet d'été» est venu à Utopia. 10 ans plus tard les artistes d’Utopia se mettent à la peinture acrylique. Josie compose alors des toiles qui s’inspirent des motifs rituels de l’Awelye (cycles associés à la fertilité de la terre) et au Rêve d’Igname. Plus tard elle puisera aussi son inspiration dans la vie quotidienne et ce qu’elle observe lors de ses déplacements. Mariée à Dinni (Dinny) Kemarre, un homme qui a été gardien de troupeau une bonne partie de sa vie, ils vont tous deux se mettre à la sculpture en 2005. Contrairement aux autres sculpteurs s’inspirant quasi exclusivement des initiés avec leurs peintures corporelles et des animaux du bush (ce qu’ils font aussi avec brio), ils osent s’aventurer au-delà en sculptant des sportifs, des objets de la vie moderne comme les voitures et introduisent les couleurs vives. Les peintures de Josie sont également très originales et elle peut être aujourd’hui considérée comme l’un des artistes les plus intéressantes d’Utopia. collections: National Museum of Australia. Berndt Museum of Anthropology. Holmes a Court Collection. Kerry Stokes Collection.

JOY BRISCOE NAKAMARRA

Joy passe son temps entre Alice Springs et Darwin, où vit son fils Dusty (également artiste). Le style de peinture de Joy Nakamarra est assez classique. Ses peintures sont basées sur les rêves de sa famille concernant la collecte de nourriture (« Bush Tucker »). Les créations de Joy Nakamarra sont basées sur ses rêves, principalement axés sur la collecte et la cueillette de nourriture et les cérémonies des femmes. Les rêves de Joy Nakamarra comprennent la collecte de tomates de brousse et la traque des kangourous, la collecte de baies de brousse et de raisins secs, la collecte de pommes de terre sauvage, de haricots et d’eau, la collecte d’oignons sauvages, de fourmis à miel et d’autres thématiques associés aux rêves de femmes. Les formes en U représentent des femmes et elles sont représentées portant des plateaux traditionnels (forme ovale) et des bâtons à fouir (longue ligne). Les cercles concentriques se rapportent aux endroits où les femmes campaient/s'asseyaient, généralement liés à des sites où l'on pouvait trouver de l'eau. Dans chaque coin se trouvent des aliments du bush : prunes du bush, raisins du bush, fourmis à miel et larves witchettys. Les traces d'émeu sont caractéristiques avec leurs trois orteils. Les émeus aiment manger les mêmes fruits du bush que les humains.

JOY BROWN NANGALA

JOY BROWN NANGALA Joy est née en 1966. Comme de nombreux aborigènes, elle a vécu à différents endroits. Elle a passé une partie de sa jeunesse à Yuendumu avant de suivre des études au Yirara College à Alice Springs, la seule ville du désert. Puis au début des années 1980 elle rejoint Nyirripi, une petite communauté, satellite de celle plus importante de Yuendumu (distant de 130 km environ). Mais elle passe beaucoup de temps à Yuendumu pour voir sa famille. Elle a commencé à peindre assez tardivement, en 2006. Elle avait pourtant des exemples autour d’elle puisque son père était un peintre célèbre Pegleg Jampijinpa (Tjampitjinpa) et le père de son mari (elle est mariée à Jay Jay Spencer) était l’un des plus importants artistes de Yuendumu, Paddy Stewart Japaljarri. Aujourd’hui sa fille, Debbie Brown Napaljarri peint à son tour. Elle s’inspire le plus souvent du site de Yumari, dans le Désert de Gibson. Ce site est associé à un Rêve d’Amour, une histoire qui met en scène un homme Japaljarri et une femme Nangala dont l’union est interdite. Ici les motifs sont associés au Rêve d’Herbe. Ils représentent le déplacement du Rêve d’Herbe, là où l’Ancêtre a laissé une empreinte spirituelle.

JOY JONES KNGWARREYE

Joy Jones Kngwarreye Groupe Alyawarre – Utopia – Désert central Joy fait partie d’une famille qui compte quelques uns des grands noms de la peinture aborigène dans la région d’Utopia. Sa sœur, décédée, étaient Lily Sandover Kngwarreye et son frère est Freddy Jones Kngwarreye. Née en 1959, Joy a peint par intermittence. Notre toile date d’une période où sa production est marquée par des points très fins, des œuvres d’une grande qualité. Ses œuvres figurent dans d’importantes collections privées et publiques : Aboriginal Art Museum, Hollande Queensland Art Gallery, Brisbane, Australie Holmes a Court, Perth, Australie

JOY NAPALTJARRI

JOY NAPALTJARRI groupe Pintupi - Kiwirrkurra - Désert Occidental Joyi décrit, en général, à la manière des artistes du désert, c’est à dire comme vu du ciel , le site de Mukula à l’est de Jupiter Well et les événements qui s’y déroulèrent au Temps du Rêve. Un groupe de Femmes est venu là pour faire des cérémonies et collecter des baies. Les formes en arc de cercle ces Femmes. Joy est née en 1975. Elle est la fille de Yala Yala Gibbs et de Yinarupa Nangala, deux artistes très importants.

JOY PETYARRE

Joy Purvis Petyarre Joy est née à Boundary Bore, l'une des oustations dela communauté d'Utopia, au cœur de l'Australie. Elle est la fille de la célèbre artiste Glory Ngarla (décédée) et la sœur de la très célèbre Anna Price Petyarre. Elle commence sa carrière d'artiste lors de l'introduction de la technique du batik à la fin des années 1970 avant de passer à la peinture sur toile une décénnie plus tard. Son rêve de graines d'Igname est la principale source d'inspiration mais elle est capable de s'échapper un peu de la tradition, comme sa sœur et sa mère. Le plus souvent elle utilise plusieurs tons pour peindre chaque point, donnant un aspect singulier à ses compositions. Coll : Holmes a Court, Artbank

JOYCIE MORTON PETYARRE

Joycie Morton Petyarre Joycie, une locutrice Alyawarre, est née à Alice Springs en 1976 et a commencé à peindre à l'âge de dix-neuf ans sous l’impulsion d’autres membres de sa famille. Sa mère est Betty Mills Pwerle, sa soeur Cindy Morton et Nikita Inkamala est sa fille. Son mari, Eric Inkamala, est également artiste et ils ont cinq filles et deux garçons. Elle vit avec sa famille à Soapy Bore, sur les terres de la communauté d’Utopia, près de Ti Tree. Joycie a de nombreux rêves qui lui ont été transmis par sa grand-mère, la grande Betty Kemarre qui était impliquée dans le groupe Utopia Women's Batik, la première étape dans l’introduction de l’art dans cette partie du centre de l’Australie. . Joycie a déclaré qu'elle avait tout appris de sa grand-mère : la chasse, la nourriture du bush, les rêves, la médecine du bush et la peinture. Joycie peint des plantes médicinales que l'on trouve dans la campagne autour d'Amperlatwatye (ou Ampilatwatja) en Australie centrale. Elles sont utilisées pour apaiser les infections cutanées sous forme de pommade ou transformées en boisson pour soulager la toux et le rhume. "Il existe de nombreuses médecines différentes, nous connaissons leurs histoires, nous les avons apprises de nos parents et nous les enseignons à nos enfants." Toutefois, Joycie est capable de peindre d’autres thèmes sur lesquels elle a des droits dont : Bush Tucker, Irreyakwerre (Wild Onion) Dreaming, Country, Bush Flowers, Women Collecting Imuna (Bush Food)

JUDY GRANITES NAMPIJINPA

Judy Granites Nampitjinpa Ethnie Warlpiri – Yuendumu – Désert Central Judy (née en 1934) est l’une des doyennes actives à la fin des années 1980 et les années 1990. Elle s'inspire souvent de son Rêve d'Eau. Collections : National Gallery of Australia

Judy Purvis Kngwarreye

Judy Purvis Kngwarreye Groupe Anmatyerre – Utopia – Désert Central Judy est la fille aînée de Greenie Purvis Petyarre, homme de loi important et de Kathleen Kemarre, propriétaires rituels de Alhalkere. Elle débute sa carrière comme beaucoup d’autres artistes de cette région en créant des batiks (elle figure dans le très beau livre de la collection Holmes a Court). Elle s’inspire essentiellement du thème de Rêve d’Igname et de ses dérivés. Coll : Holmes a Court Coll, The Royal Hibernian Academy (Dublin)

Judy Watson Napangardi

Construite dans la couleur, même si elle excelle aussi dans le blanc et noir, l’œuvre de Judy Watson Napangardi exalte la puissance des Ancêtres, l’amène à façonner ses toiles comme ces Etres du Temps du Rêve ont créé les paysages. Judy s’inspire essentiellement de deux motifs. L’un raconte les cérémonies appartenant aux femmes sur le site de Mina Mina, l’autre s’inspire des « ceintures de cheveux », fabriquées à partir de cheveux humains et de fibres, symboles des femmes initiées, ayant passé le cap de la puberté. Judy serait née entre 1925 et 1935. Comme la plupart des walpiri de cette génération, (warlpiri désignant son groupe linguistique), elle a connu une existence nomade avant de se fixer à Yuendumu, vivant de la chasse et de la cueillette. Elle a commencé à peindre dans le milieu des années 1980 mais il faut attendre le décès de sa sœur, « old » Maggie Watson, en 2004, pour que sa production augmente. Dès le début, les couleurs marquent l’aventure artistique à Yuendumu. Mais Judy est sans doute l’artiste de Yuendumu à utiliser autant de teintes sur une même toile. En vieillissant elle a gagné en assurance et le fait d’avoir abandonné le pointillisme pur, (elle peint avec une brosse à laquelle elle donne un mouvement en soulevant sa main mais pas suffisamment pour que le pinceau quitte la surface de la toile – on a ainsi un effet de vibration de la ligne qui imite celui obtenu par le pointillisme) a renforcé encore le sentiment de vitalité de sa peinture. La même vitalité qui selon Judy habite ses terres, animées de l’énergie spirituelle. D’ailleurs Judy dira elle-même qu’elle aime peindre car cela lui permet d’être en contact avec ses Ancêtres…son Pays. A partir d’une trame, l’histoire de ces Ancêtres, transmise de génération en génération sur des milliers d’années, Judy trouve la couleur juste, insuffle la vie à ses peintures en donnant à la ligne une force mystérieuse, une puissance dans le mouvement. Là où sa cousine Dorothy réduit les motifs au minimum (juste un alignement de points fins, avec des compositions presque sans couleurs), Judy livre des toiles complexes. Si chez Dorothy on peut, ou on veut voir un mixe entre la nature physique (le site de Mina Mina, riche en sel, à la terre craquelé, fait immédiatement penser à ses compositions) et l’histoire du site, associé au Rêve du Bâton à Fouir, chez Judy, on a bien du mal à y voir un lieu qu’un Occidental qualifierait de désert (une zone semi-aride si l’on veut être juste). Les toiles de Judy se présentent souvent comme une construction complexe et colorée. L’art de Judy est assez paradoxal. Elle est frêle, petite, très âgée. Son physique tranche avec le dynamisme inventif, l’énergie qui semble l’animer quand elle saisit la brosse. Certes ses trais sont épais, ses cheveux gris, mais comme souvent chez les Aborigènes son regard semble lire en vous comme dans un livre ouvert. Et ici plus qu’ailleurs il faut se méfier des apparences. Comment imaginer qu’un petit bout de femme si maigre, si petite puisse peindre avec une telle puissance, puisse brosser des grands formats en un tour de main sans aucune hésitation. A son âge, elle est née entre 1925 et 1935, elle est encore capable de se lancer dans la construction d’un grand format, de 4 m de long…au milieu de la toile son gabarit paraît complétement disproportionné. Mais elle se lance sans se poser de question. Judy peint avec une aisance digne des meilleurs calligraphes. A partir d’une trame parfaitement équilibrée, un dessin qui décrit le voyage des Rêves, elle dépose peu à peu des couleurs, souvent pures. Tout en peignant elle semble souvent comme absente, comme d’autres artistes aborigènes, George Tjungurrayi par exemple. Comment l’immensité des espaces silencieux du Désert central peut-elle donner naissance à une peinture aussi complexe, aux teintes aussi vives ? C’est que cette rudesse de nomades – la vie dans le bush a quelque chose de rude – cohabite avec une sensibilité qui lui fait adopter le ton juste. Ne négligeons pas non plus les connaissances d’une femme de son âge et de son niveau d’initiation, ni son expérience de quelque vingt-cinq ans de peintures et gravures. Elle connaît parfaitement la puissance des forces telluriques mues par les Ancêtres, l’énergie physique des sites sacrés, imprégnés encore de la puissance de ses Ancêtres. Par la tonicité d’une touche alerte et souple, par l’intensité des tons, le rayonnement lumineux qui en jaillit, elle cherche à montrer ces forces. Mais le piège consisterait à en rester là. Il s’agit aussi d’art contemporain montrant une maîtrise rare de la peinture, un sens intuitif de la construction et de la couleur. Chez elle, il s’agit de condenser une multitude d’informations : l’environnement (végétation, eau, topographie), l’histoire d’un site, des Ancêtres qui en sont à l’origine, leurs actions, les réunions des initiés pour les cérémonies… Le visible et l’invisible prennent forme. Ces couleurs éclatantes exaltent un site sacré important, celui de Mina Mina. Les gardiens de ce territoire, situé à l’ouest de Yuendumu, sont les femmes Napangardi et Napanangka et les hommes Japangardi et Japanangka. Au Temps du Rêve, la genèse selon les Aborigènes, un groupe de Femmes Âgées voyageait vers l’est tout en collectant de la nourriture et des lianes serpents et réalisait, ici et là, des cérémonies. Elles entamèrent leur voyage à Mina Mina où des bâtons à fouir émergèrent du sol. Les Femmes s’en saisirent pour leur voyage. Ces bâtons vont devenir à la fois un outil de survie (il sert à se défendre, à déterrer les tubercules, les racines, à tuer les animaux), et un symbole des femmes. Les Femmes confectionnèrent des ceintures (Mariardi) destinées aux rituels. Elles chargèrent leurs corps d’ocre fixé avec de la graisse pour montrer leur puissance et se mirent à danser, parfois en file indienne. A chaque fois qu’elles célèbrent des rites, elles créèrent des sites sacrés. Elles cherchèrent aussi de la nourriture et des éléments qui pourraient les aider à rétablir leur santé. Les lignes sinueuses des toiles de Judy évoquent autant le mouvement des danses, le cheminement de ses Ancêtres, que les lianes serpents. Celles-ci revêtent une grande importance pour les femmes Napangardi et Napanangka et sont utilisées aussi bien pour les cérémonies que dans la vie profane. Elles sont représentées par les formes de lignes se croisant à la manière d’une colonne d’ADN, symbole de vie s’il en est. Le choix d’une grande toile paraît judicieux tant les détails sont nombreux, mais Judy se montre tout aussi à l’aise dans les petits formats. Ici, souplesse des lignes, couleurs, tout témoigne d’un équilibre. Judy et sa fluidité joyeuse…étrange perception qui contraste avec son personnage, souvent nettement intériorisé, silencieux comme sa vieillesse qui détonne avec son incroyable audace artistique et le sentiment de vitalité de ses toiles. Judy est considérée comme l’une des chefs de file de l’art aborigène. Ses toiles ont été vendues jusqu’à 130 000 € en vente aux enchères (Australie), plus de 50 000 € à Paris et font parties d’importantes collections privées et publiques. Elle nous quitte en 2016. Collections: Araluen Art & Cultural Centre, Alice Springs, NT, Art Gallery of New South Wales, Sydney, Aboriginal Art Museum, Utrecht, Pays Bas; Central TAFE, WA , Gordon Darling Foundation, Canberra, Flinders University Art Museum, Melbourne, National Gallery of Australia, Canberra, National Gallery of Victoria, Melbourne, Museum and Art Gallery of the Northern Territory, Darwin, The Henderson Familly collection, Sydney, Corrigan Collection, Sydney, the Kluge Ruhe Art Collection, University of Virginia, USA, Luciano Benetton collection, Venise, Artbank, Hank Ebes collection, Melbourne, Fondation Burkhardt-Felder, Motiers, Suisse, South Australian Museum, Adelaide,… Selected Solo Exhibitions 2008 Judy Watson Napangardi, Metro 5 Gallery, Melbourne Selected Group Exhibitions 2023 Vividly Bold, Kate Owen Gallery, Sydney 2022 Connection, National Museum of Australia, Canberra 2022 Tanami Today, Art Mob, Hobart 2022 Colour Pop, Kate Owen Gallery, Sydney 2022 Art Mob's 20th Birthday Exhibition, Art Mob, Hobart 2021 We Choose to Challenge, Coo-ee Fine Art Gallery, Sydney 2020 Colours of Spring, Kate Owen Gallery, Sydney 2019 Beyond Time, Australian Aboriginal Art, Booker Lowe Gallery, Houston, TX, USA 2019 International Women's Day, Kate Owen Gallery, Sydney 2019 Defining Tradition | the colurists, Kate Owen Gallery, Sydney 2018 Land and Sky - Warlpiri Artists, Japingka Gallery, Fremantle, WA 2017 Gems of the Stockroom, Kate Owen Gallery, Sydney 2011 Thinking outside the square, Kate Owen Gallery, Sydney 2010 Stories from the Centre, Kate Owen Gallery, Sydney 2008 True Colours, Ladner and Fell Gallery, Melbourne 2004 Colour Power: Aboriginal Art Post 1984, National Gallery of Victoria, Melbourne 2004 Painting Country, Thornquest Gallery, Queensland 2004 New Works from Yuendumu, Bellas Gallery, Brisbane 2004 Little Warlu, Big Stories, Hot Little paintings by Big artists of Yuendumu, Australia's NT & Outback Centre, Sydney 2004 Dreaming Stories, Indigenart, Perth 2004 Divas of the Desert, Gallery Gondwana, Alice Springs 2004 Desert Mob, Araluen Centre, Alice Springs 2004 Big Country, Gallery Gondwana, Alice Springs 2003 Yimi Pirrijirdi - Strong Stories, Alison Kelly Gallery, Melbourne 2003 True Blue Christmas 2003, Framed Gallery, Darwin 2003 The Colours of Mina Mina, Judy Watson and Betsy Lewis, Raft Gallery, Darwin 2003 Kurruwarri Wirijarlu - Big Story, Hogarth Gallery, Sydney 2003 Kurruwarri Pipangka - Designs on Paper, CDU Gallery 2003 Black and White. Colour. Seeing country in two ways, Counihan Gallery, Melbourne 2003 Alcaston Gallery, Melbourne 2003 Desert Mob, Araluen Centre, Alice Springs 2002 Warlukurlangu Collection, Parliament House, Canberra 2002 Warlukurlangu Artists Cooperative of Yuendumu, Jeffrey Moose Gallery, Seatlle USA 2002 Warlukurlangu Artists Cooperative of Yuendumu, One Union Square Lobby, Seattle, USA 2002 Onshore Art Barwon Heads Victoria 2002 New Works from Warlukurlangu, Indigenart, Perth WA 2002 Paintings from Yuendumu, Rebecca Hossack Gallery, London 2002 Indigenart Perth 2002 Bellas Gallery Brisbane 2000 Wayuta, The Desart Janganpa Gallery, Alice Springs 2000 Shell Fremantle Print Award, Fremantle 2000 Kurawari, Desart Gallery, Sydney 2000 Journey to the North West, Palya Art, Sydney 2000 Gallery Gabrielle Pizzi, Melbourne 2000 Beaver Galleries, Canberra 2000 Marking the Paper, Desart Gallery, Sydney 2000 jangku yinyi, Carey Baptist Grammar School, Melbourne 1999 Mina Mina, Hogarth Galleries, Sydney 1999 International Women's Day Exhibition, Watch This Space, Alice Springs 1999 Desert Mob Show, Araluen Centre, Alice Springs 1998 Kurrawarri Kirli, Gallery Gabrielle Pizzi, Melbourne 1998 Framed Gallery, Darwin 1998 Desert Designs, Perth 1998 Art Gallery Culture Store, Rotterdam, The Netherlands 1998 A Thousand Journeys, Tin Shed Gallery, University of Sydney, Sydney 1997 Hogarth Gallery, Sydney 1995 SOFA, Miami, USA 1995 SOFA, Chicago, USA 1995 Bellas Gallery, Brisbane 1994 Armstrong Gallery, Florida 1994 Echoes of the Dreamtime, Osaka, Japan 1993 Sutton Gallery, Melbourne 1993 Northern Territory Art Award, Araluen Arts Centre, Alice Springs 1993 CINAFE (Chicago International New Art Forms Exposition), USA 1993 Bellas Gallery, Brisbane 1993 Adelaide Town Hall, (in assoc. with The Pacific Arts Symposium), Adelaide 1992 The Long Gallery, Hobart 1992 Hogarth Gallery of Dreams, Sydney 1991 Darwin Performing Arts Centre, Darwin 1990 Women's Exhibition, The Women's Gallery, Melbourne 1990 I.U.N.C. (showing at Hilton Hotel), Perth 1990 Darwin Performing Arts Centre, Darwin Awards and Recognition 2022 Connection | Songlines from Australia's First Peoples in a spectacular immersive experience, National Museum of Australia, Canberra 2007 Top 50 Collectable Artists, Australian Art Collector Magazine

JULIE WOODS

JULIE WOODS Groupe Pitjantjatjarra – Ngaanyatjarra On est ici tout proche de la frontière entre les trois états : Territoire du Nord, Australie Méridionale et Australie Occidentale). Dans le milieu des années 2000 la terre des Pitjantjatjarra et Ngaanyatjarra est touchée par le mouvement pictural. Les communautés aborigènes, ici souvent très petites, avec moins de 100 individus, s’organisent et créent des centres d’art. Deux des artistes qui émergent rapidement sont Maringka, la mère d’Elaine et la grand-mère de Julie, et Jimmy Baker, son grand-oncle. Si l’œuvre de julie semble inspirée par celle de sa grand-mère, elle puise aussi dans l’attachement à ses terres, à leur richesse (Julie continue d’aller chercher la nourriture dans le bush en famille. Sa grand-mère, Maringka est connue pour son habilité à trouver les larves de papillons de nuit qui sont une source de nourriture très appréciée) et dans les profondes connexions spirituelles des sites sacrés avec le monde du Rêve. La plupart de ses toiles sont titrées Wana Wani et décrivent, sous forme symbolique, l’histoire de Deux Femmes (des Ancêtres), leur voyage dans la région comprise entre Kintore et Wingellina (au sud) en passant par Tjukurla et Docker River. Durant leur voyage elles rencontrent d’autres femmes, collectent de la nourriture et chassent les varans (Goanna ou Perente).

KATARRA BUTLER NAPALTJARRI

KATARRA BUTLER NAPALTJARRI Katarra est née vers 1946 dans le bush près de Tjukurla. En 1966 elle est amenée avec une partie de sa famille à Papunya. Elle est la seconde femme d’Anatjari Tjakamarra, l’un des créateurs du mouvement artistique. Elle passe son temps entre Tjukurla et Kintore ou Kiwirrkurra. Elle se met à la peinture dans le début des années 2000, probablement en 2001. Son style très gestuel ou le pointillisme peut être complétement absent a permis à Katarra de se différencier et de se forger une belle réputation auprès des amateurs d’art aborigène. Sa peinture s’inspire de thèmes traités par d’autres femmes pintupi comme Ningura Napurrula, même si le style l’oppose aux autres artistes (la composition pourrait faire penser à Walangkura Napanangka, les lignes brossées rapidement, presque maladroitement la rapproche par la facture à Makinti Napanangka). Les motifs évoquent trois sites sacrés par lesquels, au Temps du Rêve, est passé un groupe de femmes. Elles s’y arrêtèrent, y collectèrent des baies, réalisèrent des cérémonies avant de poursuivre leur route. Les petits cercles symbolisent les baies avec lequel on fabrique une sorte de farine alors que les grands cercles font référence aux roches et au point d’eau (à Ngaminya, le « Pays » de sa mère situé au sud-ouest de l’actuel communauté de Kiwirrkurra). A Tjukurla les Femmes Ancêtres confectionnèrent des jupes cérémonielless ainsi qu’à Wirrulga, un site sur lequel les femmes de la sous-section Napaltjarri viennent accoucher.

Kathleen Ngale

Kathleen Ngale groupe Anmatyerre - Utopia Comme la plupart des Aborigènes qui ont vécu une partie de leur vie sans contact avec l’homme blanc, on ignore la date de naissance de Kathleen mais on suppose qu’elle est née entre 1920 et 1930. Elle fait partie du groupe linguistique des Alyawarre de la communauté d’Utopia. Les œuvres de Kathleen et de sa sœur Polly sont très recherchés et malheureusement rares sur le marché. Ses toiles sont un mixe entre les connaissances traditionnelles de « son Pays », c’est-à-dire la terre dont elle est la gardienne spirituelle, en l’occurrence Arlparra, et une expression plus personnelle. Des milliers de points sont déposés sur la toile, très souvent des points colorés que Kathleen recouvrent ensuite de points blancs qui laissent apparaître le fond coloré uniquement par intermittence et comme par transparence. Ces points décrivent la flore, la géographie du désert dans la région de Arlparra et les sites sacrés associé au Rêve de Prune Sauvage. Selected Collections National Gallery of Australia National Gallery of Victoria, Melbourne Thomas Vroom Collection, Utrecht, The Netherlands Holmas a Court Collection, Perth